Né dans un milieu familial modeste, Lucien Voilin fit néanmoins de bonnes études au lycée Condorcet, puis à l’école Diderot où il poursuivit son apprentissage d’ouvrier mécanicien.
Au sortir de l’école, il travailla dans les ateliers, à Paris d’abord, puis au Havre à la fonderie de canon à Bourges où il fut secrétaire de la commission de contrôle de la Bourse du Travail qu’il avait contribué à fonder et milita dans les rangs du P.S.R.

Victime de représailles, Voilin revint dans la seine et se fixa à Puteaux. Ouvrier mécanicien à l’arsenal, il devint bientôt secrétaire de son syndicat et un des pères de la Bourse du Travail de Puteaux. En tant que militant syndicaliste, il assistât au XIVe congrès national corporatif---8e de la C.G.T._ et à la conférence des Bourses du Travail tenus à Bourges, du 12 au 20 septembre 1904.
Il y représentait le syndicat des mécaniciens de plusieurs villes, de même au XVe congrès, Amiens octobre 1906 où il précisa ce qu’avait été l’action entreprise par l’union des mécaniciens de la Seine pour le 1er Mai 1906 (cf.c. rendu pp.85-90) et critiqua le rapport confédéral présenté par Griffuelhes.

Coopérateur, adhérent de la société locale < La Revendication >, Voilin participa à la fondation du restaurant coopératif < Chez nous >. Il fut souvent délégué dans les congrès de coopérateurs, notamment à Monthermé en 1909. Il était également l’animateur du mouvement socialiste à Puteaux où, avant l’unité socialiste de 1905 sur le plan national, il assura la fusion des diverses organisations locales dans l’union des travailleurs socialistes. Le temps qu’il ne devait pas aux obligations professionnelles, Voilin le consacrait à l’action sociale avec la liberté du célibataire qu’il resta jusqu’au 9 mai 1914, date à laquelle il épousa Marie-Louise Mouillerons, alors qu’il était député depuis quatre ans.

L.Voilin appartint à la C.A.P. de la S.F.I.O. comme titulaire de 1905 à 1907, de 1910 à 1911 et, comme suppléant, de 1907 à 1910. Il fit partie de la délégation de la Seine à de nombreux congrès nationaux : à celui de l’unité à Paris ( avril 1905 ), à ceux de Chalon-sur-Saône ( octobre 1905 ), Toulouse ( 1908 ), St Etienne ( 1909 ),Paris ( 1910 ),Saint Quentin ( 1911 ). A ce dernier congrès, il demanda en vain, la possibilité, pour les sections socialistes des banlieues ouvrières à population flottante où la composition des groupes évolue vite, de former les listes municipales complètes sans l’entrave de la règle d’un an de présence au parti, au besoin avec des socialistes inorganisés.

En 1905, Voilin déjà conseiller d’arr, fut élu au conseil général par le canton de Puteaux. A l’assemblée départementale, il combattit les concessions de tramway. En 1912 et en 1919, il fut élu maire de Puteaux dont il était déjà le député après deux échecs. Dans la 6eme circonscription de Saint-Denis, en 1902, comme candidat du Parti socialiste de France et, en 1906, comme socialiste S.F.I.O., il fut battu par 3612 voix sur 18947 votants et par 7845 sur 22481. Mais, en 1910, dans la 7eme circonscription de Saint-Denis ( Puteaux, Suresnes, Nanterre), il fut élu au premier tour de scrutin par 5577 voix sur 14385 inscrits et 11224 votants.

En 1914, il emporta aussi aisément dans la 8 eme circonscription par 7071 sufrages sur 12855 votants.
Voilin appartint aux commissions de l’armée et d’assurance et prévoyance sociales. Le 16 novembre 1919, il fut battu avec toute la liste socialiste menée par J.Longuet dans la 4eme circonscription de la Seine (arr, de Saint-Denis et de sceaux). Il fut le plus favorisé des quatorze candidats après.

Le 9 janvier 1927, il obtint 400 voix sur 1079 votants sur la liste des dix candidats socialistes aux élections sénatoriales de la Seine et il fut élu au second tour sur une liste de coalition de radicaux, de socialistes et de socialistes-communistes. Au renouvellement de 1935, il fut remplacé par Henri Sellier. Il devait survivre longtemps à la fin de sa carrière parlementaire.

Sources : Arch. Ass. Nat. dossier biographique_Comptes rendu sténographiques des congrès nationaux du Parti socialiste.
---Hubert-Rouger, la France socialiste, op, cit,, pp. 390_391 et les fédérations socialistes III,op,cit,, pp 146 à 157 passim._L’Humanité, 25 avril 1910._Le Comba social, organe mensuel de la fédération socialiste de la Seine, n°33 de janvier 1958.



ICONOGRAPHIE : la France socialiste, op.cit..,p390



Compléments à la biographie parue dans le Dict., t 15


Maire socialiste de Puteaux, Lucien Voilin. Lucien Voilin fut délégué de la Seine au congrèsde Tours ( décembre 1920 ) et choisit de rester au Parti socialiste S.F.I.O. Bien que les édiles socialistes fussent minoritaires à l’assemblée municipale. Il refusa de démissionner :
< Elus ensemble sur la même liste, nous démissionnerons ensemble si vous le voulez, le suffrage universel nous départager. >Trois conseillers communistes quittèrent en 1923 le conseil et Voilin retrouva sa majorité. Réélu premier de la liste aux élections municipales de mai 1925, il préféra laisser la direction de la municipalité à Marius Jacotot..
Il fut reconduit comme simple conseiller en 1929 et <prolongea> jusqu’en 1935.
Franc-maçon, Voilin appartenait aux loges << Discrétion de Puteaux, à la << République sociale et les << Réformateurs unis >> de Garenne-Colombes.


Sources : Arch. Dep. Seine, DM3 ; vers. 10451/767.
É.Denis, Puteaux, chroniques du temps des puits, Puteaux imprimerie municipale, 1969_Ph.Buyle, le P.C.F. à Puteaux,,.


Libération : des hommes pour un pouvoir, MM., Paris X-Nanterre, 1964-1965._Les Cahiers de l’ordre, 1926-1934.
CI.Pennetier