Succédant à Lucien VOILIN,à la tête de l’Administration municipale. Marius JACOTOT, sut poursuivre la tâche de son prédécesseur. Socialiste discipliné, il s’éfforça d’appliquer dans la mesure du possible, le programme de son Parti. Juste bon, humain, connaissant la détresse pour l’avoir affrontée lui-même, il fit toujours le maximum pour soulager ses semblables. L’intégrité était sa force, et toute sa subsistance personnelle se tenait à son traitement de Conseiller général de la Seine.

Resté veuf, ses enfants étant mariés, il vivait modestement avec son plus jeune fils, Marius, dans son petit appartement de la rue Delarivière-Lefoullon.

Tel était l’homme, voyons rapidement le Maire.

Tout d’abord, il poursuivit l’achèvement du groupe d’ H.B.M. Cartault, et commença le Groupe Marcellin-Berthelot qui devait être habité en 1932.

Dans le domaine scolaire, son administration vit fonctionner le Groupe Benoît-Malon, la reconstruction et l’ouverture du Groupe Jean-Jaurès. Les Colonies de vacances, en placement familial, furent poursuivie. Enfin, ce fut lui qui présida pour la première fois aux Fêtes de l’Enfance, dont l’organisation incombait entièrement à l’actif Directeur des Ecoles Benoît-Malon Parmentier : Lucien Vasseur.

Puis la Mairie devenant trop exiguë pour l’importance que prenait chaque jour Puteaux, Jacotot traita pour acquérir les terrains nécessaires à la construction d’un nouvel Hôtel de Ville. Malheureusement pour lui, il n’en vit pas la pose de la première pierre. Le propriétaire refusant la vente, on dut recourir à l’expropriation. Or, en avril 1930, Puteaux apprit que son Maire venait de décédé dans l’Yonne, ou il prenait quelques jours de repos.

La consternation frappa tout le monde, car il était aimé. Et même ses adversaires politiques le regrettèrent.

Ramené à Puteaux, il eut des obsèques simples, mais émouvantes. Des milliers de personnes suivirent le char funèbre qui l’emportait vers le nouveau cimetière. Et sur sa tombe pieusement se déposèrent des monceaux de fleurs, dernier souvenir ému de ceux qui l’avaient connu ou approché. Ainsi finit la carrière d’un brave homme, qui avait consacré son existence au bien-être de ses semblables, et dont nul ne parle aujourd’hui qu’avec une certaine vénération.

Suivant la loi de 1884, le Conseil devait être au complet pour désigner le nouveau Maire de Puteaux. Une élection complémentaire eut don lieu. Présenté par la Section Socialiste, Robert BERNARD fut élu Conseiller municipal. L’élection du Maire était donc possible. Mais le Conseil était partagé. Deux candidats étaient en présence. L’un, le premier Adjoint, Armand BEAUSSANT ; l’autre, le cinquième Adjoint, Georges BARTHELEMY. Après une longue et âpre discussion et une succession de votes, BARTHELEMY succéda à Marius JACOTOT. Une scission morale se produisit, de ce fait, dans le Conseil, scission qui se consacra, trois ans plus tard, par l’adhésion d’un nombre important de Conseillers au Parti dissident de la S.F.I.O. ; le Parti Socialiste de France, dont RENAUDEL avait pris la tête.

L’activité municipale ne s’en ralentit cependant pas. L’on vit les H.B.M. Marcellin-Berthelot s’installer et la construction de l’Hôtel de Ville se poursuivre. Commencée en 1932, celle-ci devait s’achever en 1936. Œuvre des frères Niermans, Architectes, Grand Prix de Rome, choisis par un jury, sur concours, les frères Niermans durent à leur conception hardie d’avoir su allier le moderne au classique, tout en respectant les données du règlement, d’emporter la réalisation d’un ouvrage auquel fut décerné le Prix Bailly.

Plus tard, en 1937, ils construisirent le Groupe scolaire de la rue Charles-Lorilleux, qui devait porter le nom de Marius-JACOTOT.

Disons ici que ce Groupe scolaire fut le dernier qu’inaugura Jean ZAY, alors Ministre de l’Education nationale.

A côté de ces constructions se poursuivit l’éclairage électrique des rues, l’installation du tout-à-l’égout et la viabilité des vois de la Commune.

Le pont du chemin fer de la rue de la République fut reconstruit sans que le trafic fût interrompu, et cette rue élargie de 8 à 16 mètres. Le marché fut agrandi, la rue Chante-Coqer complètement transformée, et Puteaux changea sa physionomie.

Mais une nouvelle catastrophe allait s’abattre sur le pays. Le 3 septembre 1939, la France entrait à nouveau en conflit armé contre l’Allemagne.

Une guerre meurtrière, destructive, allait accumuler les deuils et les ruines, le sol national allait connaître l’occupation étrangère, les oppressions, les brimades, les exécutions de toutes sortes. Un régime allait s’écrouler, un autre allait tenter de le remplacer, mais ce que l’on ne devait jamais faire disparaître c’est la confiance de chacun en un avenir meilleur.



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